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B.F.I 1ère Toujours sur la piste de la tomate : du jardin à l'assiette !  

Par FERNANDO RODRIGUEZ RUIZ, publié le vendredi 14 mars 2025 15:58 - Mis à jour le vendredi 14 mars 2025 15:58
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" Je grandis chaque jour un peu plus à Almería sous un des 40 000 hectares de serres de la mer de plastique que nous pouvons observer depuis la Lune. Un jour, je partirais d’ici quand je serais assez belle, sûrement, mais ça devrait être rapide, car ils me nourrissent de produits illégaux toxiques qui aident fortement à ma croissance. Mon éleveur n’est pas celui qu’on pourrait idéaliser, mais il est là tous les jours dans des conditions horribles pour assurer mon parcours et sa survie. C’est après 3 à 4 mois de tortures pour mon productiviste et moi-même, que je vais pouvoir partir dans un des 400 camions journaliers pour rejoindre l’Europe et quitter le sud de l’Espagne auquel je rapporterais des milliers d’euros une fois déposée dans les supermarchés Allemands, Français ou encore Italiens. " Témoignage d'une tomate andalouse.

Notre projet a mis en lumière le rôle centrale de l'activité horticole dans la région d'Almería, située au Sud-Est de l'Espagne. Avant, cette région était la plus pauvre d’Espagne mais aujourd’hui, elle est l'une des plus riches car elle est devenue la principale productrice européenne de tomates, avec un bénéfice net de 5.7 million d’euros par an. Son succès repose sur un modèle agricole intensif, basé sur l'utilisation de serres plastiques qui permettent d'optimiser la production en contrôlant les conditions climatiques et en maximisant les rendements par des engrais chimiques parfois illégaux. Cependant, ce système soulève plusieurs problèmes, notamment environnementales et humanitaires. D'un côté, la culture intensive entraîne une consommation excessive de ressources naturelles, en particulier de l'eau, qui est une ressource limitée dans cette région aride de l’Espagne. De plus, l'utilisation massive de plastiques pour les serres ainsi que l’emploie de produits nocifs posent des problèmes en matière de gestion des déchets et de pollution. D'un autre côté, les conditions de travail des ouvriers qui sont souvent des immigrés illégaux, sont médiocres, avec des salaires bas et un manque de protections et d’hygiène nuisant leur santé. Malheureusement, leurs conditions de travail et de vie, sont invisibles aux yeux des autorités espagnoles.

Durant notre projet, nous nous sommes concentrés sur un vaste reseau de personnes, toutes impliquées dans la mer de plastique à Almeria avec des intérêts convergeants. D’abord nous avons voulu contacté Marcos Dieguez, un activiste environnemental de l’organisation espagnole "Ecologistas en Acción" qui lutte contre la contamination par micro-plastiques des serres d'Almeria. Nous avons aussi échangé avec un syndicat d’ouvriers agricoles qui défend les conditions de travail de ces employés.  Cela nous a beaucoup intéressé, alors nous avons envoyés un mail de collaboration à José Garcia Cuevas qui en est le porte-parole.  La personne clé de notre projet est Esther Molina Lopez qui prône une agriculture 100 % écologique. Sa manière de faire, diffère beaucoup de la mer de plastique, car elle utilise une grande variété de plantes locales qui servent à loger toute une armée de petits insectes dans ses cultures afin de les proteger des maladies qui déciment les productions intensives. Des établissements publics de recherche en agronomie collaborent activement avec elle.  Très active sur les réseaux sociaux; Esther partage ses résultats et propose des cycles de conférences et des ateliers de terrain afin d'assurer une plus large diffusion à ses pratiques eco-responsables.

https://miaalmeria.com/mujeres-mia/empresarias-y-o-alta-direccion/esther-molina-lopez/

Dans le cadre de notre projet, nous vous informons que nous avons déposé une candidature de bourse ERASMUS + pour un séjour de courte durée à Almeria afin de rencontrer nos partenaires en février 2026 : 12 jours en inmersion , aux côtés de producteurs agro-responsables, de chercheurs en agronomie, de personnes engagées pour la protection et la perservation de l’environnement et de défenseurs du code du travail et du droit d’asile qui nous permettrons de développer notre engagement citoyen et de gagner en autonmie et en compétences.

 

Lors de notre prochain article, nous vous expliquerons en détail les projets entrepris avec chacun de nos partenaires !

 

Jade ALLANCHE

Anthony ANRIFADJATI

Nina BONNEFOY


 


 

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